Plateau fortifié de Frouard (Texte de Alain Mariotte)

Après la guerre de 1870 et suite à la défaite, l’Alsace et une partie de la Lorraine sont annexées, de ce fait la frontière est ramenée sur la Seille. La guerre a appris la fragilité des grandes places fortes isolées (Metz, Paris). La France décide de fortifier, pour cela il est fait appel à Séré de Rivières.

Sommaire

Séré de Rivières

Le parc Lattier

Fort de Frouard

La batterie de l’Eperon

Occupation 

Contacts et visites

Séré de Rivières

Raymond, général français (Albi 1815 – Paris 1895), sorti de polytechnique dans le Génie, il participe aux campagnes de 1870-1871 et est chargé d’instruire le procès de Bazaine en 1872. Directeur du Génie au ministère de la guerre, il dirige à partir de 1875 la construction du système fortifié français, auquel il a laissé son nom.

L’armée nationale remplaçant l’armée de métier, il faut protéger la mobilisation et la concentration, interdire les voies ferrées, couvrir Paris.

Pour cela, deux rideaux défensifs de forts de liaison s’appuient, à leurs extrémités, sur les grandes places des Hauts de Meuse (Toul et Verdun) et les Côtes de Moselle (Epinal et Belfort).

Une seconde ligne est prévue à Reims, Laon, La Fère. En outre, des forts d’arrêt sont placés sur les voies ferrées, et une ceinture fortifiée entoure Paris.

Le système Séré de Rivières voit la création de 4 camps retranchés (Verdun, Toul, Epinal et Belfort) d’après les places fortes existantes, reliées 2 à 2 par des forts de liaison s’appuyant entre eux pour constituer des rideaux défensifs. Une ligne de fortifications modernes croisant leurs feux pour bloquer l’offensive ennemie.

Des forts doivent être construits en complément du système défensif de la place forte de Toul car elle présente quelques points faibles en direction de l’est.

Les nœuds ferroviaires et routiers de Pont-St-Vincent et de Frouard ne sont pas protégés, la forêt de

Haye, écran de verdure important, peut permettre à l’ennemi de s’infiltrer sans être vu. Dès 1878 les études de construction de forts sont en cours.

Le parc Lattier

 Dans un premier temps, le Génie militaire a d'abord songé à construire un fort sur la pelouse de Bouxières aux Dames, mais devant les protestations des édiles et des propriétaires de la mine, on choisit le parc Lattier de Frouard pour sa position avantageuse qui domine bien le carrefour des vallées et confluents Amezule/Meurthe et Meurthe/Moselle, ainsi que le canal de la Marne au Rhin, la voie ferrée de Paris et la route de Metz. La surface du parc est de 12,5 hectares.

En 1878/1879, le Génie militaire fit exproprier les propriétaires du terrain pour y construire un fort et une batterie d'artillerie. Après les études préliminaires qui débutent en juin 1878, les travaux commencent sous la direction du Génie militaire en mai 1879.

 Pour l'approvisionnement des chantiers, ces sites en hauteur vont nécessiter l'aménagement d' un plan incliné qui part du canal de la Marne au Rhin, passe sous la RN57 et monte à flanc de colline jusqu’aux chantiers.

La position de Frouard a un triple rôle à remplir 

- Rôle d’interdiction sur les vallées de l’Amezule, de la Moselle et de la Meurthe,

- Rôle d’appui pour des troupes opérant sur la rive droite de la Meurthe, ou occupant la forêt de Haye,

- Rôle offensif permettant de déboucher sur la rive droite de la Meurthe ou sur la rive gauche de la Moselle dans la direction du nord.

C’est donc une position de première importance dans la région située entre Nancy et Toul.

L’ensemble de la position est rattachée à la place forte de Toul.

Elle comprend :

- Au Sud, le fort de Frouard formant réduit. Autour de cet ouvrage, se trouvent trois batteries d’évacuation dites Batterie du Nord, Est et Sud.

- À l’Est, deux batteries dites « de Champigneulles et du Parc Lattier » ; la première armée de 4 pièces de 120, l’autre de 8 canons de 95 ; toutes deux tirent sur les abords de la position à l’Est,

- À la pointe Nord : la batterie de l’Éperon, véritable fort

Fort de Frouard

Construit de 1879 à 1883, modernisé en 1893 et 1904.

Le fort de Frouard, appelé fort Drouot, se trouve en fait sur le territoire de Champigneulles. L'altitude du fort est de 358 m. De forme rectangulaire il est entouré d’un large fossé qui est défendu par 2 caponnières et un coffre double de contrescarpe.

Armement :

Pièces protégées :

- 2 canons de 155 Long sous tourelle « Mougin » rabaissée,

- 2 canons de 75R 05 sous tourelle à éclipse,

- 3 tourelles de mitrailleuses,

- 1 tourelle à éclipse pour projecteur,

- 1 projecteur sous casemate béton,

- 5 observatoires blindés,

- 8 guérites blindées.

Pièces de flanquement :

- 4 canons révolver,

- 4 canons de 12 culasse.

Pièces de rempart :

- 3 canons de 155 Long,

- 8 canons de 95 sous abris remise,

- 2 mortiers de 22.

Casernement :

- Caserne temps de paix à l’air libre sur 2 étages - 600 hommes,

- Caserne bétonnée, temps de guerre, - 900 hommes,

- Chambres pour 15 officiers et 34 sous/officiers.

- 1 infirmerie pour 58 malades

- 1 écurie pour 14 chevaux

- 2 fours de boulangerie pour 256 rations.

- 1 poste optique qui permet de communiquer avec le fort de Gironville (55) et la place de Toul par Charmes la Côte.

Le fort est entouré d’un réseau de queues de cochon et de hardillons. Un réseau de voies ferrées de 60 part du fort pour alimenter toutes les batteries du plateau fortifié. Les wagons sont tractés par une locomotive Péchot.

La batterie de l’Eperon,

 La batterie se trouve, sur le territoire de Frouard et s'élève à 320 m .

 Annexe du fort de Frouard, la batterie de l'Éperon a une surface de 25 000 m2, de forme originale triangulaire, avec, façade de gorge pseudo-bastionnée. Elle possède son fossé maçonné et ses caponnières, mais l'intérieur a été bétonné après 1900.

 La batterie est entourée par un fossé assez étroit (profondeur de 7 à 10 m et largeur de 8 à 20 m en moyenne) comprenant une escarpe (paroi intérieure) et une contrescarpe (paroi extérieure) maçonnées.

 Le fossé est défendu par :

 - deux coffres flanquant l'entrée, 

- une caponnière simple,

- un coffre double placé au sommet coupé du triangle.

 Armement :

 Pièces protégées :

 - 2 canons de 155 L sous tourelle à éclipse "Galopin". Cette tourelle à éclipse, d'un poids de 250 tonnes et d'un diamètre de 5 m 55, possède toujours ses deux canons de 155 Long de Bange.

- 2 canons de 155 L de Bange sous casemates cuirassées "Mougin" dites Amezule et Moselle,

 - 3 observatoires cuirassés.

 - 5 guérites blindées.

 Pièces de flanquement :

 - 4 canons de "12" culasse,

 - 5 canons revolvers.

 Pièces de rempart :

 - 8 pièces de 95 avec abris remise,

 - 2 mortiers de 15

 - 2 mortiers de 22.

Les magasins à poudre caverne de 1890 sont situés à 15 m sous le niveau de la batterie.

 Casernement

 Il est composé de casemates avec voûtes d'environ 6 m de haut, on y trouve 3 chambres de 30 hommes et 3 chambres de 40 hommes ainsi que des chambres pour officiers et sous-officiers.

Occupation :

En 1889, le 14ième  de ligne y tient garnison.

Le fort est occupé, lorsque la guerre de 1914 éclate, par le 6ème régiment d’artillerie à pied, 1ère batterie.

La batterie de l’Eperon abrite le dernier exemplaire en France d’une tourelle à éclipse Galopin modèle 1890, pour deux canons de 155 L de Bange.

Depuis 2007, l’Association de Sauvegarde du Patrimoine Fortifié de Frouard réhabilite la batterie de l’Eperon ainsi que le fort de Frouard.

La batterie est ouverte au public le 3ème dimanche de chaque mois d’avril à octobre.

Le dessus de la batterie offre aux visiteurs, une vue sur :  les vallées de la Moselle, de la Meurthe, de l’Amezule, une partie des champs de bataille du Grand Couronné, Nancy, les Vosges….

Contact et visites

Départ des visites guidées à 14 et 16h - durée 1h30 à 2h.

Possibilité de visites en semaine toute l’année sur rendez-vous.

Contact A. MARIOTTE

03 83 49 26 07

06 07 52 92 21

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